Entretien ClearGen | M. Mauvy – Enseignant Chercheur à L’Université de Bordeaux

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Nous avons eu le plaisir d’échanger avec Monsieur Fabrice MAUVY, enseignant chercheur à l’Université de Bordeaux. Il revient pour nous sur son rôle au sein du projet ClearGen.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Fabrice Mauvy, je suis enseignant-chercheur, je travaille à l’université de Bordeaux. J’effectue ma recherche à l’Institut de Chimie de la matière condensée de Bordeaux qui est un laboratoire du CNRS à Bordeaux. Je travaille dans un groupe qui s’intéresse aux matériaux et plus particulièrement aux matériaux pour l’énergie. J’ai une formation d’électro chimiste et je m’intéresse aux interactions entre les solides et les gaz. Notamment, les matériaux qui permettent d’accélérer des réactions d’oxydations/réduction.

FABRICE MAUVY: Enseignant chercheur à L'université des Bordeaux

Quel a été votre rôle au sein du projet ClearGen ? 

On m’a demandé de participer au projet ClearGen en tant qu’expert en électrochimie pour aider à identifier des points de mesures, des indicateurs, qui nous permettent à la fois de caractériser les performances électrochimiques du système donc le taux de conversion gaz/électricité, mais aussi de valider le fonctionnement de la cellule et la durabilité. Nous souhaitons aussi regarder les paramètres pertinents qui pourraient nous permettre de diagnostiquer la cellule au cours du temps.

Quels ont été les plus gros défis auxquels vous avez dû faire face ?

Dans le domaine des piles à combustible 1MW, c’est déjà un défi. Il y a un facteur d’échelle sur lequel nous n’avions jamais travaillé avec des puissances aussi élevées.

Ensuite, nous avons essayé de contribuer au fait que l’hydrogène soit accepté par tout le monde, que l’on comprenne la technologie et que les gens puissent l’accepter. Derrière cela, il y a des notions de sécurité, de maitrise technologique pour que le projet soit réalisable. Le dernier point est qu’il faut montrer que la technologie est propre, elle fonctionne, qu’elle a un bon rendement, mais en plus elle est viable économiquement.

Que pensez-vous de l’implentation de la pile en Martinique ?

 Le travail réalisé est remarquable et c’est surtout un travail de pionnier. Toutes les installations et les réglementations ont été réalisées par l’équipe. Ce qui est intéressant c’est que le travail effectué et utile pour toute la communauté qui s’intéresse à l’hydrogène. À travers le projet ClearGen, nous avons démontré que ça marche, que c’était faisable. Toute la réglementation autour de l’hydrogène existe et c’est du temps de gagner pour les futurs projets. Nous espérons qu’un tel projet sera dupliqué, peut-être augmenté et amélioré. Comme toujours, les premières fois il y a une grande part d’inconnue. Le projet a pris plus de temps que prévu, mais nous sommes satisfaits du travail obtenu pour nous et aussi pour les autres.

Quel enseignement tiré vous de ce projet ?

Je travaille sur les piles à hydrogène et les piles à combustible depuis une vingtaine d’années et je suis tellement heureux de voir que de la recherche, on arrive à un projet technologique abouti. C’est un accomplissement de voir cela.

On me demande souvent pourquoi ce type de projet n’a pas été fait plus tôt, pourquoi cela n’a pas été fait ailleurs ? Je souhaite dire que ce n’est pas un problème technique c’est un problème humain. Il faut des hommes et des femmes derrière de tels projets. Ce que j’ai beaucoup apprécié dans le projet ClearGen c’est la richesse des échanges entre les ingénieurs, les techniciens, les collaborateurs et tous les partenaires du projet qui ont des cultures différentes, des connaissances scientifiques, techniques et même humaines. Cela a très bien fonctionné.

 

Je suis aussi enseignant, et j’ai appris énormément et quand on a envie de faire sa carrière et d’apprendre tous les jours on ne peut pas mieux rêver de travailler sur un tel projet.